Pourquoi le format écrit est meilleur que la vidéo pour l'apprentissage et le développement des compétences

Le e-learning a envahi les entreprises via les Saas et les plateformes de gestion des contenus, les intranets.

Une tendance qui va dans le bon sens pour la culture de l'accompagnement des collaborateurs. Cela le mérite d'exister pourrait-on dire.

Sauf que comme souvent dans notre société guidée par un mode de pensée duelle, c'est soit l'un soit l'autre. On ne pense pas de manière complète. La vidéo a donc progressivement remplacé l'écrit. "La vidéo est plus vivante, plus animée, plus sympa, plus rapide à intégrer" entend-t-on.

Les neurosciences nous offrent pourtant une réponse fascinante : notre cerveau ne traite pas l’écrit et l’image de la même manière. Lire un texte mobilise des processus cognitifs profonds, favorisant la compréhension et la mémorisation, là où la vidéo sollicite une attention plus passive et fugace.

Le pouvoir de l’écrit : quand notre cerveau travaille en profondeur

Lire est un processus actif. Lorsque nous parcourons un texte, notre cerveau décode chaque mot, l’intègre dans un contexte, établit des liens avec nos connaissances antérieures. Cette mobilisation cognitive implique plusieurs zones du cerveau :

  • Le cortex préfrontal, qui analyse et organise l’information.

  • Le cortex temporal, qui traite les mots et leur signification.

  • L’hippocampe, qui joue un rôle clé dans la mémorisation à long terme.

En lisant, nous sommes contraints de ralentir, de porter attention aux détails, de visualiser mentalement ce que nous comprenons. Cet effort améliore notre capacité à retenir l’information, car nous avons activement participé à sa construction dans notre esprit.

Une étude menée par l’université de Stavanger en Norvège en 2013 a comparé la mémorisation d’un même texte lu sur papier et sur écran. Les résultats ont montré que les lecteurs sur papier retenaient mieux les informations, notamment parce que l’expérience tactile et la matérialité du livre aident à la structuration mentale du contenu.

Le piège de la vidéo : une attention en surface

Regarder une vidéo, en revanche, est un acte plus passif. Le cerveau reçoit une multitude d’informations simultanées : images, sons, mouvements. Il n’a pas besoin d’effectuer l’effort de représenter mentalement la scène, puisqu’elle lui est déjà fournie. Nous voyons (études multiples à l'appui) les dommages chez les enfants en termes de développement cognitif, troubles de l'attention et la mémorisation, d'apprentissage, de compréhension, de langage...

Le flux rapide d’informations visuelles crée une illusion de compréhension. On a l’impression de tout saisir, mais dès que la vidéo se termine, il reste peu de traces profondes en mémoire. L’effet "zapping" que l’on retrouve sur les réseaux sociaux, où l’on passe d’une vidéo à l’autre sans véritable engagement, amplifie ce phénomène.

Des chercheurs du MIT ont d’ailleurs démontré que, si la vidéo capte rapidement l’attention, elle ne permet pas une intégration en profondeur des connaissances. Une information lue est davantage reliée aux expériences et aux concepts déjà connus, alors qu’une vidéo est souvent consommée sur le moment, sans réelle connexion à un apprentissage plus large.

Un impact sur notre manière d’apprendre et de travailler

Dans un monde où les entreprises misent de plus en plus sur le visuel – tutoriels vidéo, présentations animées, courtes séquences explicatives, pastilles de quelques dizaines de secondes, on oublie parfois dans les entreprises que l’écrit reste l’un des outils les plus efficaces pour ancrer les savoirs. Ce qui se traduit par un cercle vicieux car à force de réduire le temps d'apprentissage, on fait baisser la capacité de se concentrer plus longuement et de traiter les flux d'informations dans la durée !

Les formations en ligne, par exemple, montrent que les apprenants qui prennent des notes en lisant retiennent beaucoup mieux que ceux qui regardent uniquement des vidéos explicatives.

  • Avec l'écrit, le copier - coller est facile, rapide et aucun besoin de savoir-faire technique pour le maîtriser.

  • De même, retrouver une information dans un texte s'effectue beaucoup plus rapidement et facilement qu'avec des vidéos (du reste, on voit que de plus en plus de vidéos sont accompagnées des textes retranscrits en-dessus...).

  • Avec un texte, on peut lire er relire à sa manière, selon ses préférences et sans subit le caractère linéaire obligatoire du langage vidéo. Beaucoup de personnes commencent à lire des journaux par les rubriques des dernières pages, comme des chapitres de fin de livre pour les livres à tiroir et livres pratiques ou de développement personnel. Impossible avec la vidéo.

  • Dans un cadre professionnel, une procédure bien écrite sera toujours plus facile à retrouver et à assimiler qu’une vidéo dont le contenu est noyé dans le flux d’images.

  • Dans les entreprises où les collaborateurs cherchent du sens, veulent comprendre et évoluer, l'écrit est le format le plus adapté.

Cela ne signifie pas que la vidéo est inutile : elle capte l’attention et peut introduire un sujet efficacement. Mais pour une assimilation durable, l’écrit demeure essentiel. Lire, relire, annoter… autant de gestes qui permettent au cerveau de fixer l’information et de la rendre accessible sur le long terme.

Lire pour mieux mémoriser : une habitude à cultiver

Dans une société qui valorise l’instantané, prendre le temps de lire est un véritable levier de développement intellectuel. L’écrit nous oblige à réfléchir, à structurer nos pensées et à approfondir nos connaissances.

Ce qui implique de se donner un peu plus de temps pour réunir les meilleures conditions d'apprentissage et de lecture des études, rapports, supports de formation, d'information, pour en tirer les connaissances utiles et applicables dans l'exercice de son métier.

À l'instar d'une prise de notes qui demande d'être relue, synthétisée et assimilée pour être intéressante. Ou d'un temps de transition entre deux réunions, pour aider le cerveau à intégrer les dernières informations avant de passer à une autre sujet, dans le stress et la confusion. Quand il n'a pas le temps, le cerveau privilégie le temps présent et lâche ce qu'il vient de faire. Donc ne traite pas assez l'information précédente (mauvais traitement, interprétation, classement, restitution, etc). On oublie ou on ne retrouve plus ce qu'on a entendu, dit, perçu. Aussi simple que cela. L'apprentissage nécessite du temps.

Alors, la prochaine fois que vous voulez vraiment retenir une information, demandez-vous : vais-je la regarder ou vais-je la lire ? La réponse pourrait bien changer votre façon d’apprendre.


Les contenus de développement humain d'Heptavie sont d'abord au format écrit, évidemment, pour favoriser l'apprentissage, l'assimilation des nouvelles connaissances et donc soutenir l'évolution des collaborateurs sur la durée.

Ainsi, les membres de la Communauté accèdent à des contenus de types variés (articles courts et pratiques, longs et de connaissance, ebooks thématiques...) pour :

  • développer ses compétences humaines transverses (confiance, mental, relationnel, intelligence émotionnelle...),

  • mieux se connaître (prendre conscience de qui on est pour mieux évoluer, s'adapter et avancer sur son chemin de vie),

  • être plus performant et influent dans son cadre professionnel (organisation, gestion du temps, efficacité, management, communication, fixation des objectifs...).

  • Préparer avec sérénité et clarté ses prochaines étapes professionnelles (transition, rebond, reconversion...).

  • S'épanouir et s'accomplir dans tous les pans de sa nature humaine (action, adaptation, corps, relations, émotions, conscience et transcendance).


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